dimanche 30 septembre 2007

Carnet de route Inde du Sud - jour 4 (1ere partie)

Trichy,
30 septembre, fin d'après-midi

J'hallucine quand je réalise qu'il ne s'est passé que trois jours depuis notre "traversée héroïque" mais tout à fait inconsciente de la voie rapide !

Après la traversée, le train et les deux heures de marche à la recherche d'un bus que l'on n'a jamais trouvé, on a fui directement à Pondichéry.
3 heures de bus déglingué et surpeuplé, mais franchement pas cher !

J'oublie de dire l'hallucination mortellement drôle de mon baptême de "rickshaw". 1er conducteur fameux ! Ca passe entre les camions, le buffle, les vélos, les piétons à 100 à l'heure.
Rien pour se protéger, deux minuscules barres métalliques ; et des gens partout.
J'étais tellement fatiguée que je n'ai pas eu la présence d'esprit d'avoir peur. Incroyable.

3 heures de bus, donc. Arrivée à Pondichéry la tête à l'envers, mal dans le cou, dans les muscles et dans les os.
On a marché sous un soleil de plomb pendant deux kilomètres, traversé la partie indienne de la ville, passé le canal (ah les canaux indiens !) pour enfin atteindre la mer. La mer... La Mer du Bengale. Folie de toujours vouloir atteindre la mer.


On s'est dégotté une chambre dans un ashram, ici on s'offre le luxe d'un endroit au calme, petit jardin zen, balcon sur les vagues, et même de l'eau chaude dans la douche (profite petite voyageuse débutante...)
Je note le numéro et le nom de la chambre pour ne pas oublier : chambre 49, "Solitude", tout un programme !

J'ai ressenti le besoin, impérieux, d'un contact avec la France, avec les miens. Un mail, et une bouffée d'émotion à la lecture de tous les messages de mes "correspondants de l'ouest". De l'amour donné en quatre phrases. Je le reçois cet amour, assise là dans le cyber climatisé de Pondichéry, je le reçois et il me blesse presque tellement il est violent.


Hier, samedi 29, journée monumentale ! j'étais pas remontée sur un scooter depuis mes 16 ans ! et j'avais oublié que ça pouvait être si drôle... une fois évacuée l'idée que l'on va mourir sur une route de campagne indienne !
En route pour Auroville.
Auroville, ou l'utopie occidentale... mais l'utopie ne vieillit pas bien. Soyons clair : c'est une communauté de blancs, conçue par les blancs, pour les blancs, les indiens, les "locaux" comme on les appelle avec un mépris intolérable ne sont acceptés ici que pour servir, ils n'ont même pas le droit d'encaisser le prix de mon "black tea". Ce n'est pas l'Inde, pas celle que je veux voir.

Malgré son apparence fanée, defraîchie, j'ai aimé être à Pondichéry pendant ces deux jours. Une entrée en matière... Mon coté "M.Duras"...

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