2 octobre,
Gandhi's Day
Levés 9 h, on fait nos sacs et on grimpe dans un bus, encore.
Bus "high tech" cette fois : sièges en moquette, surpeuplé et télé qui diffuse des films bollywood avec le son à fond. Insupportable ! Arrivés 1h30 plus tard, petit trajet.
On mange dans une cantine, un peu crado, mais repas excellent. On est rapidement rejoint par un groupe de jeunes lycéennes en excursion. Mon coéquipier en a du mal à finir son dosa !
Deux de ces jeunes filles viennent s'installer à notre table, tentative de discussion, avec elles deux puis avec le reste du groupe. On ne se comprend pas du tout, elles ne parlent pas anglais, ou à peine, et nous ne parlons pas hindi. On échange beaucoup de sourires, c'est universel.
On décolle sous un soleil de plomb (j'en ai encore des coups de soleil sur les avants-bras) pour visiter le Palais. Immédiatement en arrivant un groupe de touristes de Pondichéry fait de nous les mascottes de leur journée, ils ne nous lâcherons pas de la visite, une photo par-ci, une par-là, et pose avec moi, et aussi avec mon ami. Ils sont survoltés.
Ca n'arrêtera pas de la journée !
J'ai du mal à bien réaliser ce qui est arrivé aujourd'hui. Spécialement la seconde visite, celle du Temple, incroyable, de Tanjore. (on m'avait prévenu qu'il y avait quelque chose de spécial dans cette ville, je le comprends, je crois).

J'ai fait une belle rencontre. Une jeune fille, Abigaelle, quinze ans aujourd'hui. Elle me demande d'où je viens, me parle de son anniversaire, je lui souhaite. A ce moment là, elle ouvre sa main ; à l'intérieur un petit morceau de journal qui contient une poudre blanche. Elle me demande l'autorisation (que je ne comprends pas immédiatement) de m'apposer une marque blanche sur le front. "God bless you", en portant sa main à mon visage.
Je ne saurais pas dire à quel point son geste me touche, me bouleverse. "God bless you". C'est déjà fait. La marque qu'elle a posée sur moi, elle est là la bénédiction.
Je suis émue, presque absente à moi même pour le reste de la journée.
On va se poser quelques minutes dans le parc qui borde le Temple. Des familles sont réunies, assises par terre, à discuter, rire, jouer avec les enfants. C'est jour de Fête Nationale. Les adultes nous observent, n'osent pas nous approcher, mais voudraient bien parler avec nous. Ils nous envoient les enfants. D'abord un, puis deux, puis tout un groupe. On se retrouve encerclé très rapidement. Des hommes qui veulent juste nous serrer la main, assouvir leur curiosité en nous demandant d'où l'on vient. Echanger un mot, un sourire ou une blague à propos des enfants.
On vient de rentrer à l'hôtel. J'ai toujours ma marque sur le front. Après ma douche, elle sera dans mon esprit, dans mon coeur.
On ne m'a jamais autant sourit ou parlé, pour rien, pour le plaisir de le faire.
Six jours de périple seulement. Six jours, et déjà des tonnes d'impressions, de souvenirs (je ne sais pas ce qui restera plus tard de tout ce voyage, mais cette sensation aujourd'hui, d'être à ma place, ma juste place, cette sensation là, je ne l'oublierai pas de sitôt.)

Ce pays sature. Couleurs, odeurs, bruits, épices, sensations corporelles, mes pieds à même le sol. Ce n'est pas un détail que d'ôter ses chaussures à l'entrée des temples. Je comprends à quel point c'est nécessaire. En prise directe avec la terre, la nature et la pierre. On foule les années avec notre corps. Une vraie relation physique qui permet une plus grande ouverture psychique.
J'aime Tanjore.
J'aime l'Inde.
Bus "high tech" cette fois : sièges en moquette, surpeuplé et télé qui diffuse des films bollywood avec le son à fond. Insupportable ! Arrivés 1h30 plus tard, petit trajet.
On mange dans une cantine, un peu crado, mais repas excellent. On est rapidement rejoint par un groupe de jeunes lycéennes en excursion. Mon coéquipier en a du mal à finir son dosa !
Deux de ces jeunes filles viennent s'installer à notre table, tentative de discussion, avec elles deux puis avec le reste du groupe. On ne se comprend pas du tout, elles ne parlent pas anglais, ou à peine, et nous ne parlons pas hindi. On échange beaucoup de sourires, c'est universel.
On décolle sous un soleil de plomb (j'en ai encore des coups de soleil sur les avants-bras) pour visiter le Palais. Immédiatement en arrivant un groupe de touristes de Pondichéry fait de nous les mascottes de leur journée, ils ne nous lâcherons pas de la visite, une photo par-ci, une par-là, et pose avec moi, et aussi avec mon ami. Ils sont survoltés.
Ca n'arrêtera pas de la journée !
J'ai du mal à bien réaliser ce qui est arrivé aujourd'hui. Spécialement la seconde visite, celle du Temple, incroyable, de Tanjore. (on m'avait prévenu qu'il y avait quelque chose de spécial dans cette ville, je le comprends, je crois).

J'ai fait une belle rencontre. Une jeune fille, Abigaelle, quinze ans aujourd'hui. Elle me demande d'où je viens, me parle de son anniversaire, je lui souhaite. A ce moment là, elle ouvre sa main ; à l'intérieur un petit morceau de journal qui contient une poudre blanche. Elle me demande l'autorisation (que je ne comprends pas immédiatement) de m'apposer une marque blanche sur le front. "God bless you", en portant sa main à mon visage.
Je ne saurais pas dire à quel point son geste me touche, me bouleverse. "God bless you". C'est déjà fait. La marque qu'elle a posée sur moi, elle est là la bénédiction.
Je suis émue, presque absente à moi même pour le reste de la journée.
On va se poser quelques minutes dans le parc qui borde le Temple. Des familles sont réunies, assises par terre, à discuter, rire, jouer avec les enfants. C'est jour de Fête Nationale. Les adultes nous observent, n'osent pas nous approcher, mais voudraient bien parler avec nous. Ils nous envoient les enfants. D'abord un, puis deux, puis tout un groupe. On se retrouve encerclé très rapidement. Des hommes qui veulent juste nous serrer la main, assouvir leur curiosité en nous demandant d'où l'on vient. Echanger un mot, un sourire ou une blague à propos des enfants.
On vient de rentrer à l'hôtel. J'ai toujours ma marque sur le front. Après ma douche, elle sera dans mon esprit, dans mon coeur.
On ne m'a jamais autant sourit ou parlé, pour rien, pour le plaisir de le faire.
Six jours de périple seulement. Six jours, et déjà des tonnes d'impressions, de souvenirs (je ne sais pas ce qui restera plus tard de tout ce voyage, mais cette sensation aujourd'hui, d'être à ma place, ma juste place, cette sensation là, je ne l'oublierai pas de sitôt.)

Ce pays sature. Couleurs, odeurs, bruits, épices, sensations corporelles, mes pieds à même le sol. Ce n'est pas un détail que d'ôter ses chaussures à l'entrée des temples. Je comprends à quel point c'est nécessaire. En prise directe avec la terre, la nature et la pierre. On foule les années avec notre corps. Une vraie relation physique qui permet une plus grande ouverture psychique.
J'aime Tanjore.
J'aime l'Inde.
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